Campaign d’affiches contre les expulsions politiques de 9 étudiant.e.s à l’UQAM

Voici une série de 9 affiches pour la campaign « Non aux expulsions politiques à l’UQAM » intégrée, ci-bas, dans le texte de la pétition contre ces expulsions politiques. Des étudiant.e.s et des profs s’indignent.

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Non aux expulsions politiques [signez la pétition]

Non aux expulsions à l'UQAMLe 20 mars dernier, neuf étudiant-e-s ont reçu, en l’espace de quelques heures, une convocation devant le Comité exécutif de l’UQAM. Affirmant que ces étudiant-e-s ont contrevenu au Règlement no. 10 sur la sécurité des personnes et des biens et à la Charte des droits et libertés des étudiants de l’UQAM, le Service de la Prévention et de la Sécurité (SPS) recommande, dans six des cas, une expulsion d’une durée d’une année. Les trois autres étudiant-e-s font face à une expulsion définitive de l’Université.

Yves MaufetteLes événements visés sont variés : manifestation interne contre la vidéosurveillance du 30 janvier 2013, levées de cours lors des journées de grève du 2 et du 3 avril 2014, manif-action du 2 avril 2014 organisée par le syndicat des étudiants-e-s employés-e-s (SÉTUE), levée du 8 octobre 2014 à la Faculté des Arts, et dérangement de la conférence de M. Frank Des Rosiers, sous-ministre adjoint au ministère des ressources naturelles au niveau fédéral, du 20 janvier 2015.

Robert ProulxLe fait que ces convocations arrivent toutes en même temps, même si ces événements sont séparés de plusieurs mois, sinon de plusieurs années, soulève d’importantes questions sur les véritables motifs de l’UQAM. Ce ne sont guère des situations urgentes, et les étudiant-e-s visé-e-s ne posent aucune menace à la communauté universitaire. La conjoncture actuelle porte à croire que ces convocations sont purement politiques et minutieusement calculées. Peu importe nos allégeances politiques ou nos sentiments quant à la grève naissante, nous devons impérativement nous rassembler pour défendre notre liberté d’expression et notre liberté académique, en tant que membres de la communauté de l’UQAM,

René CôtéEn effet, la première personne visée est la représentante étudiante actuelle au Comité exécutif de l’UQAM. Elle a reçu, à elle seule trois différentes accusations, chacune d’entre elles étant suffisante, selon le SPS, pour motiver son expulsion définitive. Avoir “bloqué un couloir” et avoir “haussé le ton” font partie de ces raisons : ce sont bien sûr des actes risibles en comparaison avec la sanction que l’on souhaite imposer. Sa comparution devant le Comité exécutif, et sa possible suspension une semaine avant les autres étudiant-e-s, élimineront de facto la seule représentation étudiante du comité, laissant l’ensemble des autres personnes visées seules devant l’administration. La tentative de remplacer notre représentation sur le Comité exécutif lors du Conseil d’administration du 24 mars dernier a été directement refusée, ne laissant aucun doute sur les intentions de l’UQAM. Le représentant de l’AFESPED au Comité de la vie étudiante est également visé par cette attaque, une façon facile de rendre vacant un siège étudiant qui, vu la perte de reconnaissance de l’AFESPED par l’UQAM, ne pourra être comblé avant un certain temps.

L’administration profite de façon tout à fait ouverte de la situation pour retirer un maximum de représentant-e-s étudiant-e-s des instances décisionnelles, des représentant-e-s pourtant dûment élu-e-s par l’ensemble des étudiant-e-s. Il s’agit d’une purge antidémocratique tout à fait inacceptable, qui touche l’ensemble de la communauté de l’Université : qui sait jusqu’où ira l’UQAM dans l’avenir pour retirer nos voix de ses instances et empêcher l’action politique au sein de la communauté, si ces premières expulsions ont lieu?

Marcus MorinÀ l’UQAM, l’expulsion est la plus sévère des sanctions. Elle n’est utilisée que dans les cas graves de menaces d’agression ou de plagiat répétitif. Même dans ces cas, les étudiant-e-s doivent d’abord passer devant des comités au niveau départemental, puis facultaire, avant d’être traités par le Comité exécutif. Le fait que l’UQAM convoque des étudiant-e-s au Comité exécutif sans respecter les procédures normales, pour des événements passés depuis parfois plus de vingt-quatre mois, est extrêmement inquiétant et constitue un abus de pouvoir flagrant.

Marc TurgeonSi les gestes posés, comme l’affirme l’administration, méritent une expulsion, pourquoi avoir attendu aussi longtemps avant de les traiter? Pendant ce temps, les étudiant-e-s concerné-e-s ont continué leurs études avec acharnement, y investissant des centaines d’heures et des milliers de dollars, pour voir aujourd’hui leurs efforts réduits à néant, certain-es à quelques semaines de l’obtention de leur diplôme, d’autres de leur entrée à la maîtrise. De plus, aucun dossier de preuve n’a été présenté aux personnes concernées.

Louis MartinEn plus de potentiellement mettre à mal les études de plusieurs étudiant-e-s motivé-e-s, en empêchant l’obtention de leur diplôme ou leur accession aux cycles supérieurs, en plus de faire perdre leur emploi à d’autres étudiant-e-s présentement employé-e-s à l’UQAM, cette attaque concertée de l’administration de l’UQAM remet en question le droit de l’ensemble de la communauté universitaire, autant professeur-e-s qu’employé-e-s, autant étudiant-e-s que chargé-e-s de cours, de se faire entendre au sein de l’Université.

Nos voix sur les instances sont étouffées; les procédures qui auraient dû permettre un traitement plus juste et équitable ont été ouvertement outrepassées; notre droit d’association syndicale est directement visé par la répression entourant l’activité du 2 avril 2014 : plus qu’une attaque potentiellement destructrice pour le parcours étudiant et professionnel de plusieurs, c’est une attaque antidémocratique sans précédent dans l’histoire de l’UQAM.

Diane L. DemersL’UQAM viole directement les droits garantis à l’article 19 de la Charte des droits et des responsabilités des étudiantes et étudiants qui prévoit que ” les étudiantes et les étudiants dont les droits sont affectés doivent être traités avec impartialité et dans le respect des règles d’équité et de confidentialité. Les décisions prises à leur endroit, conformément aux règlements et aux politiques universitaires, doivent être justes et opportunes. »

Pour les raisons énoncées ci-dessus, nous, étudiant-e-s, professeur-e-s, chargé-e-s de cours, employé-e-s, membres de la communauté universitaire de l’UQAM, considérons ces convocations comme outrageantes, et leur mise en œuvre comme une attaque à la collégialité de notre université. Nous considérons inacceptables les abus de pouvoir procéduraux de l’UQAM, et tout à fait exagérées et inappropriées les sanctions proposées.

Pour toutes ces raisons, nous réclamons le retrait immédiat des convocations devant le Comité exécutif.

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télécharger les affiches en format imprimable .pdf.

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Répression politique à l’UQAM. Une rencontrent le sociologue Marcos Ancelovici – 13:09 – Les Alter Citoyens.

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